*** Cette usine de sous-traitance au bas de Delmas produit des vêtements pour le marché américain. Jean-Claude Lefranc, directeur de l’usine, et sa femme Luz, y font subir les pires conditions de travail et d’humiliation aux ouvrières qui y triment pour une bouchée de pain.
Les dames Marie Tanne DUCLAIR et Jolaine SIREME, ouvrières révoquées, demeurant et domiciliées à Delmas, identifiées aux numéros-----------------------et -----------------------pour le présent exercice fiscal assistées de Mes Mehu Milius GARCON et Marthe PIERRE, conseillers juridiques du Syndicat des Ouvriers de l’Usine Alladin Manufacturing, S.A. dûment enregistré à la Direction du Travail au No. ST4-00203, ont l’honneur de vous exposer ce qui suit :
Qu’elles ont travaillé comme opératrices à l’Usine Alladin Manufacturing, S.A., la première durant dix(10)ans et sept(7)mois et quatre jours du 30 janvier 1990 au 4 septembre 2000 et la seconde durant deux an, neuf (9)mois quinze jours du 19 novembre 1997 au 4 septembre 2000.
Qu’elles recevaient entre cinq(5) cent et sept cent cinquante gourdes par quinzaine sans considération aucune pour l’ancienneté et l’expérience, pour les congés de maladie, les frais de transport, les congés de maternité, salaire parfois augmenté d’une maigre pitance pour les heures supplémentaires non régulièrement payées. Qu’en outre, elles n’étaient assurées ni à l’ONA ni à l’Ofatma.
Que dans l’optique de voir changer les mauvaises conditions de travail dont elles sont victimes des ouvrières de l’Usine Alladin Manufacturing, S.A. ont mis sur pied le Syndicat des Ouvriers de l’Usine Alladin Manufacturing S.A. dont Marie Tanne DUCLAIR et Jolaine SIREME remplissant respectivement les fonctions de Coordonnatrice Générale et de Secrétaire signent toutes les correspondances, sont d’office les porte-paroles des ouvriers syndiqués doivent répondre à toutes les convocations de l’Usine et porter tout lettre à la Direction.
Que le 20 juin 2000, elles ont signé une lettre adressée à la Direction de l’Usine, resté sans réponse, portant leurs noms et la signature de la Coordonnatrice Générale, Mare Tanne DUCLAIR. Loin d’y donner suite normale et légale, la Direction dans sa stratégie de destination du Syndicat, fait circuler dans l’Usine le bruit qu’on prépare la liste des ouvriers qui ont l’habitude de revendiquer aux fins de les révoquer.
Que le 21 août 2000, une lettre en anglais a été adressée à M. Henry KENDALL, un américain représentant des actionnaires propriétaires de l’Usine, en rapport avec les conditions de travail avec la signature de la Coordinatrice Générale et de la Secrétaire.
Que la seconde lettre est expédiée le lundi 28 avril 2000. Que huit(8) jours après, soit le lundi 4 septembre 2000, Marie Tanne DUCLAIR et Jolaine SIREME sont révoquées à six heures du matin et appelées à la direction pour recevoir chacune une enveloppe contenant celle de Marie Tanne DUCLAIR 6590 GOURDES ET celle de Jolaine SIREME 2550 gourdes.
Que la Direction prétend leur avoir payé le préavis, le boni et le congé annuel.
Que les deux ouvrières font valoir que ces calculs ne sont pas exacts que le montant alloué a elle pour ces trois prestations est insuffisante, Qu’elles ont toutes deux droit au congé de maternité pour avoir accouché en juillet 1990 d’un enfant de sept(7) mois et n’avoir pas recu, malgré réclamations, l’allocation prévue par le code du Travail actualisé pour le congé maternité. Que l’Usine doit être sanctionnée à l’amende et les indemniser en plis pour inobservance des prescriptions légales relatives aux assurances ONA et OFATMA.
Qu’ayant été révoquées pour activités syndicales, elles ont droit chacune à Douze mois de dommages-intérêts selon le vœu des articles 49 et 50 du CTA même si la Direction de l’Usine avait averti préalablement la Direction du Travail. Pourquoi les deux ouvrières victimes de révocation abusive, qui peut-être est aussi illégale si la Direction du Travail n’a pas été préalablement informée de l’intention de la direction de l’Usine de révoquer, sollicitent du service de Conciliation et d’Arbitrage de la Direction du Travail du Ministère du Travail et des affaires sociales une intervention et sa médiation pour :
a) Inspection et enquête à l’Usine Alladin Manufacturing S.A. à toutes fins de fait et de droit en rapport avec le différend dont est plainte ;
b) Négociation sur tous les chefs de demande : 1) nouveau calcul pour préavis, congé, boni pour les deux ; 2) Congé de maladie pour les deux ; 3) ajustement de salaire pour heures supplémentaires pour les deux ; 4) Congé de maternité pour Marie Tanne DUCLAIR ; 5) Indemnités pour ONA et OFATMA pour les deux et Amendes pour l’état ; 6) Douze(12) mois de dommages et intérêts pour abusive pour activités syndicales et en cas de non-conciliation, en tout ou en partie, demandent qu’il soit dressé procès-verbal de non-conciliation appropriée aux fins de jugement par le Tribunal spécial de Travail de Port-au-Prince. Et ce sera justice sociale.
Salutations et Respect.