SYNDICAT DES OUVRIERS DE GUACIMAL MADELINE           S.O.G.M.

C/o Batay Ouvriye, B.P. 13326, Delmas, Haïti   Tel: 509-222-6719      Email: batayouvriye@hotmail com


 

                                     Cap-Haïtien, 29 novembre 2000

Mme Joelle Jezequel                                                             

Groupe Rémy Cointreau

One World Trade Center,

107th Floor, New York, NY 10048

 

Madame,

 

Dans une correspondance en date d’hier 28 novembre 2000 provenant d’un membre solidaire de nos luttes du Haïti Support Group, notre syndicat a été stupéfait d’apprendre que vous les informiez d’énormités sidérantes. A ce qui était écrit, votre groupe, rendu en Haïti, a rencontré, en plus des directions de l’établissement et du Ministère des Affaires Sociales « des syndicats » ( ??!! – lesquels ?), mais surtout que « toutes les discussions eurent lieu en présence des représentants des syndicats représentant les ouvriers de Guacimal, en conformité avec la législation locale ».

M. Morineau, votre directeur d’achats dont nous n’avons, à Madeline, pu apprendre le nom que grâce à notre propre initiative, n’a même pas daigné nous dire bonjour, voir nous rencontrer ou s’inquiéter auprès de nous de nos doléances. Ce jour-là, nous nous sommes bien rendu compte qu’il allait y avoir une visite vu le remue-ménage de l’administra­tion qui, pour une fois, faisait enlever les oranges pourries avant qu’elles ne s’amoncellent démesurément. Nous avons vu cet étranger, accompagné de M. Nonce Zéphir, déambuler à travers l’usine et se positionner pour mieux nous photographier. Nous confirmons nettement et clairement qu’il n’y eut pas la moindre communication avec ce monsieur. Nous annexons à la présente notre photo de groupe pour que M. Morineau ose continuer à avancer un pareil mensonge, s’il s’en sent encore capable. 

Notre syndicat ne demande pas mieux que de rencontrer les émissaires du Groupe Cointreau en Haïti. Vu les positions que vous avancez à l’encontre de toute vérité stricte, nous vous demandons donc par la présente une rencontre durant ce mois de décembre 2000, à la date la plus proche qui vous conviendra, afin de rectifier de pareils écarts.

Notons, pour votre meilleur entendement et celui de tous nos solidaires, que si votre Groupe est, supposément, si dédié à « l’amélioration constante des standards sociaux et de la situation économique des personnes travaillant directement ou indirectement pour nos activités », comment expliquer que nous autres, ouvriers d’Haïti, ayons été obligés de nous regrouper en syndicat pour que nos droits (ces droits que vous dites si naturellement respecter) soient enfin pris en considération ?  En nous associant ainsi nous remédions plutôt, selon nous, aux manquements flagrants des responsables et propriétaires de cet établissement. Remarquons, enfin, que ces luttes se mènent sous pressions et mesures dilatoires permanentes et qu’en réalité elles ne font que revendiquer la simple application des lois haïtiennes en matière de travail. Ce qui, justement, n’avait, jusqu’à présent, jamais été respecté et qui, finalement dément radicalement les allégations du Groupe auquel vous appartenez.

 

Recevez, madame, nos salutations.

 

Pour le Syndicat :                                             

                                                                                    Elimène Micheline Toussaint, Secrétaire

 

Cc :  tous les membres solidaires de la Campagne de Soutien aux luttes syndicales à Guacimal S.A.

 

Pièce-Jointe : photo du syndicat